Droit de la famille

L’ordonnance de protection : comment se protéger en cas de violences conjugales ?

Une mesure d’urgence pour éloigner l’auteur des violences et ainsi protéger la victime, sans attendre l’issue d’une procédure pénale.

Lorsqu’une personne est victime de violences conjugales, la première urgence n’est pas toujours judiciaire — c’est d’abord une urgence de sécurité. L’ordonnance de protection a précisément été conçue pour répondre à ce besoin : elle permet d’obtenir, rapidement et sans attendre le jugement de l’auteur des violences, des mesures concrètes pour se protéger.

Contrairement à une idée reçue, il n’est pas nécessaire d’avoir déjà porté plainte pour la demander. C’est une procédure civile, indépendante de la procédure pénale, qui relève du juge aux affaires familiales (JAF).

Ordonnance de protection

Dans quels cas peut-on la demander ?

Être victime de violences conjugales, physiques, psychologiques ou sexuelles
Se trouver également dans un cas de menace de mariage forcé
Être exposé à un danger réel et imminent
Aucune condition de durée du couple n’est exigée
Aucune condition de résidence commune n’est exigée

Constituer son dossier

Quelles preuves apporter au juge ?

Pour appuyer votre demande, il est nécessaire d’apporter des éléments concrets au juge. Il n’est toutefois pas nécessaire de réunir toutes les preuves suivantes — vous pouvez en effet constituer progressivement un faisceau d’indices suffisant, avec l’aide d’un avocat :

Photographies de blessures
Certificat médical constatant les violences
Captures d’écran de messages, mails ou appels menaçants
Attestation de témoin (voisin, proche, collègue)

Étapes

Comment se déroule la procédure ?

1

Saisir le juge aux affaires familiales compétent

Vous déposez la requête auprès du JAF du lieu de votre résidence, avec ou sans avocat, bien qu’un accompagnement soit vivement recommandé pour la solidité du dossier.

2

Convocation de la partie adverse à l’audience

Le juge convoque l’auteur présumé des violences, qui peut alors présenter ses observations.

3

Audience

Lors de cette étape, le juge entend les deux parties, et vous pouvez être assistée par votre avocat tout au long de l’audience.

4

Décision

Enfin, le juge statue et fixe, s’il fait droit à la demande, les mesures de protection applicables.

6 jours

C’est le délai maximal dans lequel le juge aux affaires familiales doit statuer après le dépôt de la requête — une procédure volontairement rapide, adaptée par ailleurs à l’urgence des situations concernées.

Protection

Quelles mesures peut ordonner le juge ?

Interdiction d’entrer en contact avec la victime
Éloignement de certains lieux fréquentés par la victime
Interdiction de port d’armes
Par ailleurs, fixation des modalités d’exercice de l’autorité parentale
Enfin, autorisation à dissimuler son adresse

Questions fréquentes

Ordonnance de protection : vos questions

Non : il s’agit d’une procédure civile, indépendante du dépôt de plainte. Vous pouvez ainsi la demander avec ou sans plainte préalable, et mener les deux démarches en parallèle.

Le non-respect d’une ordonnance de protection constitue en effet un délit pénal, passible de poursuites. Il est donc essentiel de signaler immédiatement toute violation aux forces de l’ordre.

En principe, le juge prononce ces mesures pour une durée maximale de 6 mois. Il peut néanmoins les renouveler dans certains cas, notamment si vous engagez une procédure de divorce ou une procédure relative à l’autorité parentale avant l’expiration de ce délai.

Vous êtes victime de violences conjugales, ou vous connaissez quelqu’un dans cette situation ?

N’attendez pas pour demander de l’aide. Des numéros gratuits et confidentiels sont disponibles 24h/24 :

3919Violences Femmes Info
17Police / Gendarmerie
114Par SMS, en cas de danger immédiat
Prendre rendez-vous avec Maître Faure →

Article rédigé par Maître Margot Faure, avocate au Barreau de Paris — Droit de la famille

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